
Le règlement des séances manquées fait grincer des dents, occasionne de fortes émotions, des surprises et, dans certains cas, l’abandon de la cure.
« Pourquoi est-ce que je dois régler mes séances manquées ? » « Je ne peux pas décaler la séance ? » « Mais je vous avais prévenu que je serai absent. »
Ces objections, souvent exprimées par les patients ou psychanalysants, surgissent lorsque la règle est énoncée, que ce soit pendant la séance ou lors de la séance suivante.
Elles offrent au clinicien, garant de la parole déposée, l’opportunité de poser la question de la colère et au patient de faire l’expérience de la castration. « Il y a de la colère ici ? »
Freud, dans son article sur l'engagement du traitement paru en 1913, avait déjà envisagé cette règle, davantage pour garantir la stabilité financière du clinicien : « Quand la pratique est plus souple, les annulations occasionnelles sont si fréquentes que le médecin voit son existence matérielle mise en danger. » Mais cette mesure ne se limite pas à un enjeu financier. Chaque semaine, chaque jour même, l’être et le Moi se livrent une lutte acharnée. Si l’on s’en tient au Moi, il peut être tenté d’abandonner très rapidement.
Selon le RPH (Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital), toutes les séances manquées pendant la période d’activité du clinicien sont dues, quelle que soit la cause de l’absence. Ce règlement vise à protéger le patient du passage à l’acte : il est attendu, même lorsqu’il ne vient pas, même lorsqu’il part en vacances. Seul le cadre posé permet au clinicien de faire face aux résistances du patient.
Lorsque le patient abandonne sa psychothérapie ou sa psychanalyse, il est crucial qu’il parte en réglant ses dettes, en particulier ce que Lacan nomme "la dette symbolique" : ce dont il est responsable.
Régler une séance manquée, c’est aussi faire face à l’engagement pris, diminuer les « maladies d’écolier » et renoncer à l’illusion d’une toute-puissance sur le temps et l’autre.
Si cela vous pose question, contactez-moi directement au 0614510044.
